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L'agriculture positive!

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Parce que parfois, ça n’arrive pas qu’aux autres

Parce que parfois, ça n’arrive pas qu’aux autres

Je veux vous avertir tout de suite, le texte qui suit n’a rien de comique ni de joyeux. J’ai déjà les yeux remplis d’eau et j’ai juste deux phrases d’écrites! Je tiens à vous raconter mon histoire, car je crois que ça peut faire prendre conscience à plusieurs parents (et pas nécessairement juste des agriculteurs) que des accidents, c’est si vite arrivé.

En mai 2012, nous étions en train d’effectuer une tâche de notre quotidien, c’est-à-dire prendre des petites balles de foin dans le haut de notre grange afin de les apporter aux taures. Mon conjoint mettait les petites balles sur un premier convoyeur, celles-ci arrivaient vers moi. Je les prenais, faisais quatre ou cinq pas avec et je les déposais sur le deuxième convoyeur, qui lui, les apportaient à mon beau-père dans le « trailer ». Les garçons eux, jouaient un peu plus loin dans le foin.  La routine quoi!

La plupart des agriculteurs ont une tâche semblable à effectuer plusieurs fois par semaine et ça finit par devenir un automatisme, une tâche banale. Mais cette journée du 22 mai, nous a fait un avertissement rappel question sécurité. Le plus jeune de nos garçons, (il avait 22 mois) a décidé d’aller se mettre la main dans la « gear » du monte-balle pendant le 2 secondes et quart où j’avais le dos tourné à mettre ma balle 4-5 pas plus loin. Ça m’a pris un millième de seconde à rejoindre mon bébé, le ramasser et le tirer par la taille pour enlever sa main de là. J’ai fait vite! Vite, mais pas assez pour m’empêcher de voir son tout petit bout de doigt s’arracher! Je crois qu’il y a une partie de mon cœur qui s’est arraché en même temps.

Je vous résume rapidement la suite de l’histoire : Ambulance jusqu’à Sherbrooke, transfert à Sainte-Justine dans une autre ambulance avec escorte policière sur le pont pour pouvoir passer dans la voie des autobus, attente interminable (à mes yeux!) avec mon bébé afin de voir la chirurgienne en plastie. Quand ils sont venus le chercher pour l’apporter en salle d’opération et qu’il s’est mis à hurler sa vie en s’accrochant à mon cou, je crois que j’ai perdu un autre petit morceau dans mon cœur.

Finalement, l’opération s’est très bien déroulée, mais comme ce n’était pas une coupure nette, ils n’ont pas été en mesure de remettre son bout de doigt. Car oui, j’avais dû retourner dans la grange afin de vider le convoyeur et fouiller dans le foin pour trouver ce minuscule petit bout de doigt. Rendu à notre chambre, j’ai pu m’étendre sur le lit de camp pour dormir après cette journée pénible, mais ça été la pire nuit de toute ma vie, car dès que je fermais mes yeux, tout ce que je voyais, c’est son doigt entrer dans la « gear ». Et dans mes rêves, je ne parvenais pas à l’arracher de là à temps et c’est toute sa petite main et son petit bras qui y passait! Même que les mois suivants, je rêvais que ma petite fille qui avait vécu ce drame bien au chaud dans mon ventre naissait avec un doigt en moins. Vous pouvez être certain que c’est la première chose que j’ai vérifié à sa naissance!

Dans les mois qui ont suivis, je crois que j’étais un peu (pas mal) fatigante au niveau sécurité. Même encore aujourd’hui quand on fait notre foin l’été, les enfants n’ont pas le droit d’aller dans les voitures si je ne suis pas là.  Je m’en suis tellement voulue personnellement que je vais tout faire pour que ça n’arrive pas une autre fois. Et c’est vrai qu’il en arrive malheureusement souvent des accidents sur des fermes, mais connaissez-vous un autre métier où les parents sont fréquemment en présence de leurs enfants? De plus, sur une ferme, c’est rempli de grosses machineries, de moteurs qui tournent, de trucs qui coupent, d’animaux qui pèsent plus d’une tonne, etc…

Ça fait maintenant trois ans que c’est arrivé, et je peux vous dire que chez nous les consignes sont maintes fois répétées aux enfants et aux amis. Je ne peux pas garantir à 100% que rien nous arrivera, mais je crois que nous pouvons tous prendre conscience que ça prend un quart de seconde pour qu’un accident se produise. Si ça peut permettre à un seul d’entre vous d’éviter la même histoire et bien ça aura valu la peine que je vous la partage.  Quand je vois aux nouvelles qu’un enfant est mort écrasé par le tracteur ça me fait tellement de peine, mais en même temps, je suis soulagée que notre « avertissement » nous ait coûté seulement un petit bout de doigt et non une vie!

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