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L'agriculture positive!

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La conception de l’agriculture : lunettes de ville, lunettes de campagne

Mercredi dernier. J’ai vendu de la clôture à une gentille dame de Québec descendue chercher la cargaison avec sa jeune fille qui souhaite avoir des chevaux…un rêve d’enfant qu’elle caresse depuis des années et qui sera réalisé sous peu. Fantastique. Bucolique.

La conception de l'agriculture - #Agrimom

Tout un voyage de bois à décharger en ce frisquet matin et beaucoup de jasette pendant la tâche! On jase de quoi? D’agriculture, de notre vie à la ferme, de la chance qu’on a de pratiquement vivre dehors au grand air, de la conciliation travail-famille.

Je lui explique que nous cultivons environ 500 acres (plus ou moins 200 terrains de football) de légumes, que je suis à temps plein à la ferme depuis un an, que j’ai une formation d’agronome… Jusque là, tout baigne. Jusqu’au moment où la jeune fille me fait cette déclaration choc : «Faites-vous des légumes biologiques parce que ma mère n’achète que ça». Attention âmes sensibles…je n’ai rien contre l’agriculture bio au contraire, j’admire beaucoup les personnes qui en font, qui en vivent. J’ai des amis qui ont des fermes bio. À mon avis, c’est un modèle de ferme parmi tant d’autres, avec des valeurs respectables. Ce qui me chicotait c’est qu’elle sous-entendait que les gens qui utilisaient les méthodes conventionnelles d’agriculture le faisaient sans réfléchir. J’ai pris deux bonnes respirations.

Je lui ai expliqué que nous cultivons de façon conventionnelle mais intelligente. Chaque intervention a sa raison d’être et qu’elle soit «chimique» ou non, elle est justifiée sur le plan économique et environnemental. Oui nous utilisons pesticides, engrais minéraux, semences traitées, de façon rationnelle selon le principe de lutte intégrée (un ensemble de méthodes de lutte contre les ennemis des cultures est envisagé en tenant compte de plusieurs facteurs). Je lui ai parlé des systèmes de guidage par GPS, de l’utilisation de bio-stimulants pour stimuler la réponse immunitaire naturelle des plantes, de l’utilisation d’une station météo à la fine pointe en passant par l’inoculation des semences avec des mychorizes…pour lui faire réaliser que l’agriculture n’est pas une science exacte et que c’est beaucoup plus complexe que ça peut paraître.

Après cette petite discussion, mon interlocutrice était prise d’un élan de curiosité autant sur le plan technique qu’économique, à mon grand plaisir. Elle avait soif de savoir, elle voulait en apprendre plus sur ce qu’il y avait dans son assiette! J’étais d’ailleurs ravie d’avoir la porte ouverte pour pouvoir lui expliquer que notre prise de décision sur une ferme est très complexe, qu’elle est basée sur des connaissances scientifiques, humaines et économiques. Nous voulons bien faire. Nous consommons les mêmes aliments que tous et nous buvons la même eau.

Cette discussion m’a fait réaliser que nous avions encore beaucoup de chemin à parcourir sur le plan de l’information auprès de nos consommateurs. En si peu de temps la dame avait changé son regard sur le monde agricole. Si peu pour si grand!

Une fois le voyage chargé et solidement attaché, elle a quitté le sourire aux lèvres, un bouquet de carottes conventionnelles à la main!

Amélie de la Durantaye, agronome
Ferme Luc Lussier Inc., Saint-Hyacinthe

Par ma fenêtre de cuisine

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