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L'agriculture positive!

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À tous les enfants d’agriculteurs…

Je suis certaine que ce que je m’apprête à vous partager dans les prochaines lignes représente bien la réalité de la majorité des enfants jeunes ou moins jeunes ayant grandi avec un ou des parents agriculteurs. Je suis la cinquième de six filles. Mon père n’a jamais préparé mon lunch, je peux compter sur une main les matins où je le voyais avant de partir pour l’école et sur l’autre main, le nombre de fois qu’il est venu à l’un de mes tournois de volleyball pendant les neuf ans où j’ai joué. Il n’avait pas non plus le temps de m’aider à faire mes devoirs ou de jouer avec moi durant des heures quand j’étais petite. On est allés une seule fois en vacances toute la famille ensemble et ce n’était pas dans un tout inclus dans le sud…

À tous les enfants d'agriculteurs - Agrimom

Je m’aperçois en vieillissant que même si mon père n’était pas aussi présent physiquement que ceux de mes amis, il m’a inspiré et influencé beaucoup plus que certains pères ne le feront jamais pour leurs enfants. Je ne veux pas dire ici que je crois que les pères qui ne sont pas agriculteurs sont moins influents ou importants dans la vie de leurs enfants. Mais je sais que le mien a laissé en moi et chacune de mes sœurs une empreinte bien particulière. Il a délaissé son pays natal alors que mes quatre plus vieilles sœurs étaient âgées entre dix et trois ans. Il est venu dans ce pays avec rien de plus qu’un rêve. Celui de s’établir sur une entreprise laitière à lui et de réussir à en vivre convenablement avec sa famille.

Certes, on ne peut compter le nombre d’heures qu’il a passées à travailler à développer son entreprise et assurer sa pérennité et ainsi le confort de sa famille. Je ne connais personne d’aussi dévoué (pour ne pas dire borné) à ses objectifs. Par ses actions, son travail et sa passion, mon père nous a enseigné l’ardeur au travail, la confiance en soi et en ses objectifs, il nous a appris à ne pas se laisser marcher sur les pieds et à prendre notre place. Faire comme les autres n’était pas et n’est toujours pas une option pour mon père. Il nous a montré à être nous-mêmes, indépendantes, fortes et à tout faire pour réaliser nos rêves.

Ne t’inquiète pas papa, je n’ai pas toujours compris pourquoi tu n’étais pas souvent là lors de mes tournois ou que tu étais toujours à l’étable quand on rentrait de l’école. Je n’ai pas toujours saisi pourquoi on ne pouvait pas prendre des « vraies » vacances comme les autres familles. Mais maintenant je sais, maintenant je comprends. À ta manière, à travers tes remarques ou les petits travaux que tu nous faisais faire pour te donner un coup de main, tu as forgé nos caractères. Nous sommes aujourd’hui six sœurs qui avons su réaliser leurs rêves et devenir ce qu’elles auraient toujours voulu être. Merci papa d’avoir été un modèle silencieux, d’être toujours resté le même roc solide pour ta famille peu importe la situation. Notre relation n’a pas toujours été parfaite, mais sache que je n’aurais pas choisi l’agriculture comme métier si tu ne m’avais pas appris à l’apprécier autant. 

Maintenant que tu es officiellement à la retraite, tu peux dire : mission accomplie. Tu as relevé le défi que tu t’étais lancé lorsque tu as quitté l’Europe il y a 28 ans. Je sais aussi qu’en plus de laisser ton empreinte sur tes filles, tu l’as laissé un peu partout dans le milieu agricole par tes implications. Chapeau papa, je t’aime et je suis fière d’être une des six filles Santschi.

« You came in this country with nothing but a dream. »

LE TEMPS DES MOISSONS

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