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L'agriculture positive!

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40 ans de vie au Québec…

40 ans de vie au Québec…

Le 13 octobre dernier, cela faisait 40 ans que je foulais le sol du Québec avec mes parents Pierre-André et Andrée Groux, mes grands-parents paternels et mon oncle. Bon, je ne l'ai pas vraiment foulé de mes pieds, car j'avais 9 mois... j'étais sûrement en poussette !

Évidemment, j'aime profondément la terre qui m'a vu naître (la Suisse), mais pour rien au monde je ne voudrais changer d'endroit où vivre. Le Canada, le Québec, l'Abitibi-Témiscamingue et plus précisément Rémigny c'est l'endroit où je veux élever ma famille, où nous avons bâti notre entreprise, nous y sommes tellement bien.

Ma famille et moi avons vécu 40 années bien remplies, de hauts et de bas…

Tout a commencé le 13 octobre 1975, quand la famille Groux est débarquée à Farnham pour fonder la Ferme Gabriel Groux et fils. Il s’agit d’une ferme laitière exploitée par mon grand-père et ses deux fils. Évidemment, travailler en famille n’était pas toujours facile. En 1980, mon grand-père a divisé l’entreprise entre mon père et mon oncle. Rappelons-nous que le début des années 1980 correspondait à une période économique assez difficile. Je ne m’en rappelle pas personnellement, mais j’ai souvent entendu parler de taux d’intérêt avoisinant les 20%, ce qui fait que la reprise en main d’une entreprise dans ce contexte n’était pas chose facile. Mes parents ont passé à travers tout ça en même temps qu’ils fondaient leur famille. Je n’ai pas de souvenir précis, mais je sais que les années 1980 à 1984 n’ont pas été faciles pour eux. Je pense particulièrement à ma mère qui a immigré au Canada sans sa propre famille et qui devait élever de jeunes enfants puisque nous étions trois à ce moment. En 1984, mes parents ont pris la décision de vendre le quota et les vaches laitières, en conservant la ferme et le fond de terre. En 1985, la ferme a changé de vocation pour se lancer dans l’élevage de bovins de boucherie jusqu’en 1992. Par la suite, mes parents ont continué d’œuvrer dans les grandes cultures et la production de foin pour les éleveurs de chevaux de course. Même si tout allait bien, la superficie totale de la ferme de Farnham était somme toute assez restreinte et l’un de mes frères a manifesté le désir de s’associer. La vie est drôlement faite, mon grand-père paternel a dû faire face au même dilemme lorsqu’il était en Suisse. L’histoire s’est donc répétée et c’est ainsi qu’en 1997 mes parents ont vendu la ferme de Farnham en acheter une dix fois plus grande à Nédélec et Rémigny au Témiscamingue pour y faire de la grande culture (avoine, blé, canola).

En avril 1998, mes parents et mon plus jeune frère ont déménagé au Témiscamingue. Mon frère Stéphane et moi sommes restés à Farnham. À cette époque, je terminais mes cours à l’École du Barreau du Québec et mon frère travaillait dans un garage. Comme pour moi la famille est importante, j’ai trouvé relativement difficile cet épisode puisque j’étais éloignée de mes parents. Je me suis beaucoup rapprochée de mes grands-parents paternels, j’allais les voir pratiquement tous les jours. Toutefois, avec mon conjoint de l’époque nous avons décidé de faire le grand saut aussi et d’aller nous installer au Témiscamingue. Nous avons acheté une petite fermette. Je devais déménager en juin, mais le 28 mai 1999 mon grand-père est décédé. Ce fut pour moi une grande déception car j’aurais tant voulu qu’il voie sa petite fille se lancer en agriculture.

Une fois rendue au Témiscamingue, en plus de la fermette, j’ai effectué mon stage du Barreau et j’ai débuté ma carrière professionnelle à Rouyn-Noranda. Tout allait bien et je ne me doutais pas que la vie allait me réserver une bien triste surprise. Le 1er août 2002, j’ai mis au monde mon fils Miguel. Tout a bien été jusqu’au lendemain. Son état s’est très vite détérioré. Il est décédé quelques heures plus tard. Nous ne le savions pas, mais il avait une malformation cardiaque. J’en parle rarement. J’ai été anéantie.

Pendant ce temps, mon jeune frère a démarré son entreprise et acheté une terre lui aussi à Nédélec, spécialisée dans la culture de céréales et de canola.

Presque deux ans après la naissance de Miguel, Maggie est venue au monde le 31 juillet 2004. Un baume pour le cœur d’une maman. Mon frère Stéphane qui était resté dans le « sud » comme on dit ici est venu aussi s’installer au Témiscamingue. La famille était maintenant toute réunie. Bon nous avons tous eu nos moments plus difficiles, mais c’est ça la vie. Suite à la séparation avec le père de Maggie, j’ai déménagé à Rouyn-Noranda, pour me rapprocher de mon travail. Mais le grand amour m’a fait revenir au « Témis » quelques années plus tard et un nouveau poupon s’est pointé le bout du nez! Élizabeth est née en mars 2011.

J’aime l’agriculture, j’en vis et je veux avoir ma propre entreprise. Mon rêve s’est réalisé en 2012, alors que Sylvain et moi nous sommes lancés en affaires pour fonder la Ferme des Praz SENC. Il s’agit d’une ferme d’élevage de bovins de boucherie. Initialement située à Fabre, au sud du Témiscamingue, nous sommes déménagés à Rémigny. Comme la famille est importante pour moi, je me suis évidemment rapprochée de mes parents. Mes filles auront la chance d’avoir leurs grands-parents, leurs oncles et leurs tantes tout près. Quelques mois après notre déménagement, Béatrice est arrivée un peu à l’improviste avec un mois d’avance le 14 février 2014. La famille était maintenant complète pour nous : je laisse à mon jeune frère la chance de poursuivre!

Il y a quelques jours, toute la famille s’est réunie avec des amis pour souligner ces 40 années au Québec. Quand j’y pense, nous sommes chanceux d’être tous réunis par l’agriculture et être près les uns des autres. Je pense que mon grand-père doit être fier de ce qu’il voit d’en haut : le rêve d’agriculture qu’il avait en quittant la Suisse, on le poursuit tous…

Quand je regarde les nouvelles, je ne peux que me sentir très privilégiée d’avoir été accueillie à bras ouverts par le Canada, le Québec et leurs habitants. Nous sommes tellement chanceux de vivre dans un pays où règne la paix, où l’on est libre, où l’on peut prospérer, étudier et s’épanouir. Je me souhaite 40 autres belles années!

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