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Comme la viande est dispendieuse!

Beaucoup d’entre vous ont certainement remarqué une hausse du prix des aliments à l’épicerie. Radio-Canada nous rapportait l’été dernier que le panier d’épicerie avait monté de 3,4% par rapport à la même période l’année dernière. La viande, à elle seule, a subi une hausse de prix de 6,6% en 12 mois, pouvant même aller jusqu’à 23% pour certaines pièces de bœuf. Le cout de la vie lui, a bondi de 1,2%... Mais pourquoi la viande est-elle si dispendieuse? Comment en sommes-nous venus à cette importante hausse de prix?

Comme la viande est dispendieuse - Agrimom

Avant d’aller plus loin, il est impératif de comprendre que le marché de la viande de bœuf n’est pas un marché local ou régional mais bien un marché mondial. Nous sommes grandement dépendants de nos voisins du sud; le prix du bœuf est fixé à la Bourse de Chicago ce qui en fait une référence neutre pour tous les intervenants dans la chaine : producteurs, transformateurs et distributeurs.

Reculons de quelques années. Le prix de la viande aux États-Unis était bas depuis un certain temps et ne laissait pas présager de hausse à court ou moyen terme. Ici au Canada, notre devise gagnait de la force pour dépasser la parité et comme le bœuf se transige en dollars US, les producteurs Canadiens étaient doublement affectés par la morosité du marché.           

Parallèlement au bas prix de la viande, il y avait aussi la hausse du prix des grains et des intrants, bref une rentabilité nulle. Comme un malheur n’arrive jamais seul, il y a eu une grosse sècheresse dans l’Ouest canadien ce qui a créé un manque de fourrage pour les vaches l’hiver venu. Les producteurs des prairies vendaient donc une partie de leur troupeau reproducteur. Aux États-Unis, le cheptel reproducteur a grandement diminué car les producteurs avaient à compétitionner pour l’achat du maïs avec les usines d’éthanol qui avaient le vent dans les voiles, en grande partie à cause des politiques environnementales du gouvernement Obama…

La conséquence de la baisse des troupeaux reproducteurs s’est vite faite ressentir sur le marché. Les contrats futurs prenaient du gallon de semaine en semaine mais le portrait avait beaucoup changé; maintenant il n’y avait plus autant de veaux disponibles dans les encans. Et pour avoir un veau, ça prend une vache, mais comme les vaches aussi se font rares… je n’ai pas besoin de vous expliquer la suite! En résumé, la faiblesse récurrente du prix du bœuf a déstabilisé l’industrie en brisant son cycle. Ne tirez pas sur le messager ; en production bovine, contrairement au porc ou au poulet, le cycle prend sept ans à se rebâtir. Cela ne veut pas dire pour autant que les prix seront élevés pendant sept ans car il y a déjà deux ans que cette reconstruction est entamée et déjà la Bourse de Chicago montre des signes d’essoufflement.

En terminant, vous me direz que les producteurs de bœuf se tirent bien d’affaire, qu’ils font enfin de l’argent, mais malheureusement pour eux, ce n’est pas le cas. En fait, au moment d’écrire ces lignes, la production de bœuf au Québec a atteint un creux désolant. Nous devrions finir l’année 2015 avec une production d’environ 90 000 bœufs contrairement aux 220 000 têtes faites en 2008!

40 ans de vie au Québec…

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