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L'agriculture positive!

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Angoisse de pérennité

Certaines personnes se reconnaîtront peut-être dans ma situation. Je suis né et j’ai grandi sur une ferme laitière, ferme où j’ai travaillé dès que j’en ai été capable. Au début mon père me donnait de petites tâches, frustrantes parfois, mais avec le temps j’ai pris goût à participer à cette besogne récurrente. Rendu à l’adolescence, cette routine d’ouvrier était partie prenante de ma vie. J’ai même vite apprécié me lever tôt pour aller faire le train… et ce même si j’avais festoyé avec mes amis la veille!

Angoisse de perennité - Agrimom

Sans le savoir, ce mode de vie, où se côtoient travail, responsabilités et nature, m’a inculqué de profondes valeurs ainsi que des visions différentes de certaines choses ou situations… Par exemple, (je m’attends à des réactions) mais soyons honnête, une personne qui a grandi sur une ferme ne voit pas un animal mort de la même façon qu’un citadin… ne voit pas le petit minou du même œil… et sait que l’animal devant elle finira tôt ou tard dans son assiette. Cette personne connaît aussi l’implication nécessaire, sait que chaque petit geste ou petite attention face à ce même animal est important. Bref, cette proximité avec la nature nous amène à réfléchir et probablement agir différemment! Nous pourrions élaborer longtemps sur cet héritage mais mon problème demeure.

Me voilà rendu à 36 ans, 4 enfants avec un latent et récurrent sentiment de ne pas pouvoir transmettre ces intangibles acquis de mon enfance. Vous devinerez que je ne suis plus sur la ferme. Ma conjointe et moi avons achetés une maison en milieu rural, nous avons des poules, des lapins et je tente d’impliquer au maximum mes enfants dans les petites tâches. Il est primordial pour moi que mes enfants côtoient les animaux et leur environnement. Je veux qu’ils soient en mesure de se faire leur propre idée du monde agricole. Je veux qu’ils fassent la part des choses et qu’ils relativisent les faits lorsqu’ils voient dans les médias, une nouvelle qui touche le domaine agricole. Je tente de les sensibiliser au maximum sur cette réalité mal connue. Souvent je les amène chez les voisins qui ont des fermes et j’essaie de vulgariser, d’expliquer « le pourquoi du comment » mais ce n’est pas comme y être et le vivre! Disons que malgré tous ces efforts, mon angoisse de pérennité persiste et persistera toujours!

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