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L'agriculture positive!

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Le sentiment du devoir accompli!

30 décembre, 7h30 du matin, mon chum entre en courant dans la maison. « Urgence 911, un petit veau gelé avec les vaches! Vite, préparez un coin près du poêle!» Les filles et moi on se dépêche à faire une petite place dans la cave à côté de la fournaise à bois. On installe des couvertures, on prépare des serviettes. Mon chum apporte un petit veau, tout neuf, pas prévu dans notre horaire, mais surtout gelé. On n’a pas de temps à perdre, on se met à le frotter avec les serviettes pour l’essuyer et le réchauffer. À côté du poêle, j’ai des gouttes de sueur qui coulent, mais « petit veau » grelotte encore. On continue de le frotter, de le stimuler. Une fois qu’il est bien sec, je lui prépare un biberon de colostrum. Il a encore froid, il n’ouvre pas la mâchoire, il n’a pas la force de téter. Qu’à cela ne tienne, il faut qu’il boive. Je n’ai pas le choix, il faut le gaver. Je n’aime pas faire ça, la dernière fois, ça a mal terminé! Si je veux le sauver, je dois le faire. Sans trop me poser de questions, je prépare le tube à gaver et j’y vais. Tout va bien, il a pris tout son colostrum. Les grelots ralentissent, «petit veau» s’apaise tranquillement sur le bord du feu… Les filles trouvent ça drôle, un petit veau dans la maison. « Maman, qu’est-ce qu’on fait s’il fait caca ? » Je leur réponds : « On s’en fout on lavera!» C’est drôle comme nos préoccupations ne sont pas les mêmes lorsqu’on est enfant et adulte. Ma fille a peur que ça pue, moi je veux sauver mon revenu!

Le sentiment du devoir accompli - Agrimom

La matinée passe tranquillement, on chauffe le poêle, «petit veau» s’endort, il ne grelotte plus. Après dîner, je vais préparer la cabane à veau dehors, car comme il va mieux, on va le sortir; il ne faudrait pas qu’il prenne goût à la chaleur de la maison! On lui fait donc un bon lit de paille, on installe la lampe chauffante et on va le porter dans la cabane. On lui redonne un biberon, cette fois il en prend la moitié. Pour être certaine que tout aille bien, je le gave de nouveau pour compléter sa ration. En soirée, on voit déjà qu’il va bien. Si ça continue de bien aller, demain on pourra le retourner avec sa mère.

Le lendemain matin, il est en forme, on voit qu’il a bougé durant la nuit, c’est bon signe. Il prend un biberon complet s’en se faire prier; pour moi (sa maman adoptive) c’est la victoire. Mon chum prépare le parc pour la vache et y amène «petit veau». Bingo, la vache reprend sans hésiter son petit, le lèche intensément. Par contre, il a de la misère à téter, les trayons sont gros, sont engorgés. On les laisse tranquilles pour voir si la nature va bien faire les choses. Le soir, on voit bien qu’il n’a pas bu, les trayons sont toujours engorgés. On redonne un biberon. Il va falloir le forcer à prendre le trayon…

On installe donc la cage de contention, on enferme la vache et on amène «petit veau». Il est un peu niaiseux, il ne tète pas à la bonne place, il tète du poil! Mon chum tire un peu de lait de la vache, ce n’est pas facile, ça doit être douloureux, mettez-vous à sa place quand on allaite nos enfants et qu’on a les seins engorgés, on n’aime pas trop se faire manipuler à cet endroit! Après quelques minutes, le lait coule et on arrose «petit veau» avec, on lui met le trayon dans la bouche, il n’a pas trop l’air de savoir à quoi ça sert…! Mon chum est patient et finalement «petit veau» se met à téter tout seul, victoire! On le laisse vider les trayons avant de retourner le duo dans le parc. Maintenant qu’il a goûté au lait de sa mère et qu’il sait téter et où téter ça devrait bien aller. La nature devrait faire son œuvre.

J’arrive du parc à l’instant, «petit veau» est en pleine forme, il tète goulûment sa maman. J’adore ce sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait, ce sentiment du devoir accompli!

 

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