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L'agriculture positive!

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38 000 p’tites balles carrées  partie 1 – l’équipe

38 000 p’tites balles carrées partie 1 – l’équipe

Même si les travaux de la ferme sont durs sur le corps, si un été trop pluvieux est stressant et que des tâches sont à répéter jour après jour, certaines traditions agricoles ont une valeur inestimable lorsqu’on grandit sur une ferme (sauf ramasser de la roche!).

Faire les foins, et en vendre, est certes bon pour les vaches et le compte en banque, mais il y a bien plus dans ce travail qui permet, année après année, de rassembler la famille élargie autour des travaux de la ferme.

Du plus loin que je me rappelle, la fin de l’année scolaire annonçait l’arrivée des foins et je ne sais plus lequel des deux nous rendait si heureux. Quand j’y repense, la combinaison de tout ça faisait en sorte que mes étés d’enfance étaient bien plus beaux que celui de mes amies; pas de piscine, pas de laissez-passer pour La Ronde, pas d’OTJ, mais des journées chargées où je n’avais même pas le temps de m’ennuyer. Je ne le savais peut-être pas aussi clairement à cette époque, mais je réalise la chance que j’ai eue de passer mes étés à faire les foins.

Les petites balles sont une espèce en voie de disparition au Québec. La météo incertaine, le manque de main-d’œuvre et le stress expliquent leur disparation au profit des grosses balles rondes et carrées. Malgré cela, certains continuent de faire des « p’tites balles carrées » même si ça prend du temps et beaucoup d’huile de bras. Dans le fin fond du rang 4, faire les foins, c’est rassembler plein de monde pour occuper une foule de tâches; faucher, faner, encore faner, racler, défaire les rangs du bord, bêler, réenfiler la « balleuse », décharger, corder. Une voiture après l’autre, on a la chance de s’asseoir si le champ est loin ou si une crevaison survient. Et on recommence. Le lendemain, le surlendemain jusqu’à espérer de battre notre record au compteur. C’est beaucoup d’eau, de sueur, de caisses de bières sur le patio à la brunante et plusieurs sacres dans la douche quand les bras chauffent un peu trop. C’est les ampoules aux doigts, du foin plein la brassière et la fête pour les petits qui n’ont pas encore l’âge de décharger. Patience les petits, votre tour viendra.

Chaque année on en voit de toutes sortes; celui qui part en pleine charge de foin, le nouveau qui arrive en culottes courtes avec pas de gants, celui qui traîne sa bière dans sa boîte à lunch ou celui qui préfère texter plutôt que travailler. C’est aussi les grands flancs mous, les p’tits nerveux, les motivés, les « ceuses » qui pensent tout savoir ou qui ne se méfient pas de la balle qui va leur tomber sur la tête. C’est aussi une histoire de filles qui déchargent en « gougounes » et en « top » pour tenter de profiter du soleil. C’est les amis de Montréal qui descendent exprès pour nous aider ou le p’tit stagiaire français qui se demande pourquoi il est tombé sur une ferme qui fait des petites balles !

Faire 38 000 p’tites balles carrées, dans un été, c’est surtout rassembler plein de gens qui mettent plus que le cœur à l’ouvrage et qui, le soir venu, se racontent avec fierté qu’ils y sont tous parvenus grâce à chacun et chacune pour faucher, faner, encore faner, racler, défaire les rangs du bord, bêler, réparer la « balleuse », décharger, corder

Bonne fête Agrimom

Quelques temps