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L'agriculture positive!

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À vous conjointes d’agriculteurs

À vous conjointes d’agriculteurs

Chères agricultrices d’adoption comme moi,

Il y a un an déjà, je répondais à l’appel lancé par Agrimom. J’avais en moi ce désir fou d’écrire un jour un livre, ou du moins une chronique, et tout à coup l’opportunité était là. C’est Natacha Lagarde qui a répondu avec enthousiasme à mon courriel. Cela fait alors 13 ans que je vis dans le domaine de la production laitière avec mon conjoint. À ce moment s’accumulent deux ans de traite le soir, trois enfants à s’occuper et quelques mois de traite matin et soir. Je ne connaissais pas tout et je me sentais un peu novice comme agricultrice, mais comme une vraie « Agrimom », je me suis assise à l’ordinateur, bien déterminée.

À vous conjointes d’agriculteurs - Agrimom
À vous conjointes d’agriculteurs - Agrimom

Mais que se passe-t-il? Quelques lignes puis j’efface. « De nature positive » m’a-t-elle dit.   C’est l’automne 2015, nous venons de traverser un été heureux mais trop rempli. Une nouvelle partie de grange ajoutée et bien que je sois fière d’être forte (peut-être même trop!), ce n’est pas toujours évident de ramasser des blocs de ciments de l’ancien bâtiment, avec un clou dans le pied, à travers la gestion de tout le quotidien avec trois enfants (vaisselle, activités, ménage, lavage et lavage et lavage) ainsi que les deux traites par jour et la garderie à la maison deux jours par semaine avec quelques (!) enfants. Je réalise devant l’ordinateur que ce ne sera pas là. Le battage en cours, le stress de la température, les devoirs des enfants de retour, le travail à l’école comme surveillante de retour, il ne me reste plus les mots «de nature positive» pour écrire un texte. Il y a des matins bien froids dehors et en dedans de moi à ce moment de ma vie. Pendant l’hiver, j’essaie encore, et puis le printemps est plus que rempli mais je suis heureuse de nouveau.

Chères nouvelles conjointes d’agriculteurs, petites courageuses (surtout les plus jeunes) et celles qui ont peut-être des parents très lucides qui ne souhaitent peut-être pas que leurs filles s’embarquent dans une vie si «dure» sans vacances, ni répit j’ai envie de vous dire une chose : « écoutez votre cœur et accrochez-vous à l’amour ». Cela peut paraître tellement naïf mais malgré toutes les fois où je me suis dit : « Dans quoi je me suis embarquée? », mon cœur a eu raison!

Je ne peux pas connaître l’avenir, mais après maintenant 14 ans auprès de mon bel agriculteur (qui est souvent fatigué, prompt et qui a tellement la tête pleine de numéros de vaches, de pièces de tracteur à réparer, de qualité de lait, de sommeil très rare, etc.) je dis quand même merci! Merci pour cette proximité, ce manque de sommeil qui permet de voir bien des côtés aussi amusants que difficiles de l’autre, cet enchaînement de travaux, de saisons, de traites avec les enfants et de petites promenades en vélo quotidiennes entre la maison et la grange. Ces enfants qui développent toutes leurs forces, qui se vieillissent, ces responsabilités qu’on trouvait lourdes qui deviennent maintenant notre vie, plus profondément chaque jour dans notre cœur, on sait maintenant les apprécier. Au début c’était si difficile d’accepter qu’ils attendraient toute leur enfance après nous, mais non. On les voit trouver leur place, faire leurs petites tâches, puis leurs plus grandes tâches mais ils nous rendent si fiers! Puis la grange devient une piste de trottinette, de tracteurs, de boîte à savon, de petites voitures plates fabriquées par eux-mêmes, puis le motocross arrive, le plus vieux transporte le foin à onze ans, remplit les voitures à ensilage pour les vaches dehors… Un jour tu es dans un champ de foin, ton conjoint charge les balles sur ta voiture, ta fille est avec toi en tracteur, ton plus vieux est sur son propre tracteur avec une autre voiture, ton plus jeune de sept ans fait du motocross… Tout le monde est heureux, il fait beau, et comme celui qui lit ne connaît peut-être pas nécessairement cette vie on peut penser qu’ils sont trop jeunes ces enfants pour faire tout ça ou que c’est plate qu’ils n’aient pas de vacances, moi je me dis plutôt : «Wow! Quelle confiance on leur a donné, quelle chance que d’être ensemble dans notre travail, quelle chance que nos vacances scolaires soient ainsi, sous le soleil! »

À vous conjointes d’agriculteurs - Agrimom
À vous conjointes d’agriculteurs - Agrimom

Je n’ai jamais commencé un automne si sereine, sachez-le chères conjointes d’agriculteurs, ça peut être long avant de le ressentir à ce point mais je me rappellerai toujours que mon amie Josée m’a donné la confiance d’y croire lorsqu’elle était rendue à peu près où j’en suis maintenant, c’est-à-dire avec des enfants plus grands contrairement à moi qui avait des bébés pleins les bras à cette époque. Une chance aussi que je suis croyante puisque mes parents m’ont donné la Foi. Peu importe que vous ayez la Foi en un Dieu ou non, croyez en votre amour. Si vous êtes avec un passionné comme le mien, vous serez vite surprise de revérifier la température du lait en sortant de la grange, d’observer les champs un peu partout et surtout de vous rendre avec amour dans le champ porter le lunch à votre amoureux. Bon automne dans la « machine-du-bonheur » comme le dit si bien ma sœur quand elle voit les étoiles dans mes yeux quand je trouve quelques minutes pour aller en moissonneuse-batteuse avec mon amoureux!

Véronique Brunet

Un petit trésor bien caché!

Conciliation travail-famille