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L'agriculture positive!

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Trône de foin – la tradition

Trône de foin – la tradition

Pendant quelques étés, nous avons reçu la visite de stagiaires provenant d’une école d’agriculture en Bretagne. Ces courageux Français venaient passer quelques semaines afin de se familiariser avec le monde agricole québécois.

Je vais toujours me rappeler de Baptiste, 17 ans, 90 livres (très) mouillé, qui a dû s’intégrer à la (très nombreuse) famille Fontaine. Son premier défi aura sans doute été de déchiffrer ma mère, native d’un village non loin de la Beauce; « Pars la bombe », « Mets ça dans le cygne », « De dj’rien », « Manges-tu ça du pâté chinois ? ». Malgré cette épreuve, ce qui m’a le plus impressionné chez Baptiste aura certainement été sa capacité à…retenir le nom des champs pendant la période des foins!

Comme pour nos vaches, les champs ont tous un nom; parfois séparés par un semblant de ligne imaginaire, parfois difficiles à trouver ou encore avec une appellation impossible à expliquer. Notre p’tit Français a donc réussi à se démêler entre : le champ l’autre bord du ruisseau, le cabouron, le carreau aux épinettes, le morceau de 1700 balles, la sucrerie, etc. Un exploit que je ne suis même pas certaine de maîtriser.

Baptiste aura également réussi à connaître les différents travaux des foins, mais surtout de savoir qui fait quoi. Aussi prévisible qu’un homme à l’approche de la crise de la quarantaine, les foins se font dans la tradition de la tradition; pas question d’apprendre à conduire le pick-up ces journées-là ou encore de voler la place à quelqu’un sur un tracteur. Les filles dans la voiture à foin, les gars qui cordent dans la grange. Certaines obtiennent toutefois leurs « cartes » pour monter corder avec les hommes et sont intronisées au temple des foins.

Trône de foin - la tradition
Trône de foin - la tradition

L’ancienneté > tout.

Les heureux élus sont donc choisis en fonction de leur ancienneté et fiabilité. Ma tante racle le foin depuis 25 ans, minimum! Elle ne manque pas une journée, arrête à peine pour dîner.

Mon père « balle » le foin depuis 35 ans. Par contre, cette année, il a accepté qu’un deuxième tracteur travaille aussi dans le champ, ce qui nous a permis de battre notre record (6300 petites balles).

Ma mère a pris sa retraite du monte-balle depuis plusieurs années, mais tente toujours de revenir au jeu : « Vous êtes sûres que vous n’avez pas besoin de moi? ».

Mon frère, selon la légende, corde le foin dans la grange depuis qu’il a cinq ans…sans gants, évidemment. Le mur de Châteaunoir est quelconque à côté de ce qu’il a réussi à corder cet été.

Enfin, mon bébé sœur, se tient éloignée de toute nouvelle machinerie qu’elle pourrait éventuellement briser! Ce n’est pas demain qu’elle touchera à la nouvelle « balleuse ».

Bientôt, les petits prendront notre place. Nous nous ferons un peu plus vieux et Baptiste, de l’autre bord de l’océan, continuera de s’ennuyer de l’équipe, la tradition et le morceau de 1700 balles.

Conciliation travail-famille

Dimanche, venez à la journée portes ouvertes!