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L'agriculture positive!

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Pour toi qui n'aime pas les vaches

Pour toi qui n'aime pas les vaches

Ma jolie,
On va se l’avouer tout de suite ma cocotte, on fait une équipe drôlement agencée, non? Moi, une maman agricultrice qui rêve depuis toute petite de partager mon mode de vie avec ma ribambelle d’enfants, et toi, une petite fille haute comme trois pommes qui non seulement n’aime pas vraiment les vaches mais qui, en plus, en a une peur bleue, tout comme à peu près tous les animaux à poils… Tout un duo!

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Depuis tout le temps, tu n’as jamais aimé être dans l’étable, tu as peur et tu pleures simplement à penser y aller; tu n’étais qu’un petit bébé que, plutôt que de dormir au bruit de la pulsation des unités de traite comme la plupart des bébés de mes amies maman-agricultrices, tu pleurais dans ta poussette dès qu’on s’éloignait de ton champ de vision et que personne ne « brassait » le carrosse! On a essayé plusieurs fois, avec papa et grand-papa, mais chaque fois, il n’y avait rien à faire, je finissais par retourner te porter à la maison ou chez grand-maman après une trentaine de minutes. Les seuls moments où tu ne pleurais pas dans l’étable, c’était lorsque je te prenais en écharpe, lovée contre moi. Tu ne pleurais pas, mais tu ne dormais pas non plus, et c’était loin d’être sécuritaire pour la traite, que je ne faisais plus d’ailleurs… Il faut dire aussi que la vie n’a rien fait non plus pour t’aider à aimer les animaux; tu étais encore dans mon ventre qu’on se faisait durement malmener par deux vaches toutes les deux… si tu savais à quel point j’ai eu peur pour toi à ce moment-là…

J’ai cherché, écouté et essayé plein de trucs. Rien n’a réellement fonctionné. En tout cas, pas à long terme. Tu as choisi tes vêtements pour venir avec moi voir les nouvelles génisses, dont tu choisissais les noms toute seule (coucou Cendrillon, Brooke et Dora, que tu as préféré voir en photos qu’en vrai!). Je t’ai promis des collations-surprise à l’étable ou en rentrant à la maison après - que tu as eu, évidemment! – des après-midis « pas de repos », le choix du souper, un nouveau jouet dans l’étable. Tout ça, et plus encore, mais tu as encore peur d’y être, et aller à l’étable, même si tu restes dans le bureau et la laiterie, n’a rien d’une partie de plaisir pour toi…

Je veux te dire ma chérie que oui, maman trouve cette gestion un peu difficile, particulièrement quand grand-papa est en congé et qu’on « doit » aller à l’étable en famille, ou lorsque papa est parti sur la route pour plusieurs jours. Mais je veux surtout que tu saches que je le sais, que je le vois, à quel point c’est difficile pour toi aussi cette organisation pour que j’aille travailler. À quel point tu travailles tellement fort pour affronter tes peurs et seulement entrer dans le corridor de l’entrée. À quel point tu aimerais, comme ton frère et ta sœur, entrer avec nous dans l’étable et jouer avec les animaux, mais que c’est tout simplement trop pour toi; ton petit corps n’y arrive tout simplement pas. Je sais que tu veux réussir, que tu veux aimer cette vie autant que nous, que tu travailles fort pour « être comme nous », mais que tu n’es simplement pas comme ça. Je sais que le temps est long pour toi, à dessiner et faire de la pâte à modeler dans le bureau, et que tu ne comprends pas pourquoi ton frère nous dit « pas déjà! » quand on rentre à la maison, alors que toi, tu attends impatiemment ce moment où l'on t’annonce qu’on a terminé dès ton entrée dans la laiterie. Je sais que tu ne saisis pas toujours pourquoi je t’impose tout ça, pourquoi les vaches ne peuvent pas se débrouiller seules de temps en temps, et pourquoi toi, tu n’as pas une « maman normale » qui est congé avec toi la fin de semaine et durant les vacances. Je sais que tu n’as rien choisi de la vie qu’on mène, et que tu aimerais des fois que maman arrête d’aller toujours à l’étable...

Mais je veux que tu saches, surtout, que je suis fière de toi ma cocotte. Je vois l’effort que tu y mets, et je t’admire d’avoir autant de courage pour passer par-dessus tout ça aussi souvent. Je suis fière de te voir, durant l’expo, apprivoiser un peu la proximité de nos génisses, allant même parfois jusqu’à leur toucher le bout du nez quand ta sœur les promène près de toi. Je suis fière de toi quand tu prends ton courage à deux mains et que tu traverses le pas de la porte pour nous regarder aider une vache à avoir son petit veau, et qu’après, tu entres dans l’étable pour venir le voir de plus près, pour quelques minutes. Si seulement tu savais ma pitoune à quel point ces moments sont précieux pour moi, et tous les sentiments qui se bousculent en moi quand je te vois approcher doucement pour regarder le veau (que tu trouves sale et gluant, mais bon!)...

Je sais que tu n’as pas demandé à être lancée dans ce monde, et que tu le vis, souvent, bien malgré toi. Mais sache que j’en suis consciente ma cocotte, et que c’est correct. Je te promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour rendre ces années plus douces pour toi. Je te promets de toujours respecter ton rythme, et que jamais je ne t’obligerai à dépasser tes limites. Que tu auras toujours des choix, qui ne seront peut-être pas toujours l’idéal pour toi, mais que tu ne seras jamais forcée à être directement dans l’étable, dans les tracteurs ou n’importe où ailleurs, dans la mesure où c’est tout de même sécuritaire pour toi. Je te promets de t’aider à comprendre pourquoi, nous, on aime tant la vie qu’on mène, et de te donner la chance d’apprendre à l’aimer aussi, peut-être, à ta propre façon.

Je t’aime ma jolie blonde…

Maman xxx

Madame Brus

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