Agrimom.jpg

L'agriculture positive!

Bienvenue sur le blogue d'Agrimom!

Cette saison morte…tellement vivante!

Cette saison morte…tellement vivante!

Chez-nous on dirait que les saisons sont décalées! Bien sûr, dehors c’est blanc et froid, aussi froid que peut l’être le nord du Lac-St-Jean en plein cœur de l’hiver. Par contre entre les murs de ma bergerie c’est le printemps, oui oui le printemps! Comme le dit si bien Félix Leclerc dans son hymne au printemps : « …dans l’étable crient les nouveau-nés ». Si la saison des naissances est synonyme de cette merveilleuse saison et bien j’ai la chance d’y être et ce, depuis déjà 1 mois.

Cette saison morte…tellement vivante! - Agrimom

Quelle joie pour moi d’ouvrir la porte le matin et d’entendre un bêlement tout petit, tout frêle, tout nouveau. Parce que oui, avec les années on en vient à reconnaître le son d’un nouveau-né, différent de celui d’un agneau de 2-3 jours. L’oreille aguerrie de la bergère en moi est toujours à l’affût de cette merveilleuse musique, à chaque matin, de la mi-janvier à la mi-juillet!

Cette période est celle que j’affectionne le plus, même si à la fin juillet je suis bien contente d’avoir un petit répit de bébés pour quelques mois.

Ce temps de l’année, bien que des plus motivants, apporte aussi son lot de petits malheurs puisqu’à travers cette frénétique valse des naissances, la mort réussit toujours à s’emparer de quelques douces petites vies.

Malgré le fait que je fasse tout en mon pouvoir pour la tenir éloignée le plus loin possible, c’est immanquable, chaque année quelques uns s’éteignent sans que mes soins aient pu porter fruit.

C’est toujours avec le cœur gros que je me dis que le prochain, je ne lui laisserai pas! Je redouble donc de prudence et d’attentions envers mes petits protégés.

Par contre, chaque saison également, ils s’en trouvent toujours quelques uns qui échappent à cette fatalité. Ceux que j’appelle affectueusement mes petits « gréments » réussissent tant bien que mal à faire un pied de nez à cette mort tellement cruelle pour la bergère que je suis. C’est avec une fierté immense que je les vois tranquillement remonter la pente, prendre du mieux et devenir de plus en plus vigoureux. Alors là je me dis que nous avons bien travaillé, mon petit protégé et moi.

Évidemment, je sais bien que cet agneau trop petit n’aurait pas survécu sans mon aide, ou celui avec sa petite patte croche ou même le p’tit dernier d’une gang de 4 dont la maman n’a pas de temps à lui consacrer. Je sais aussi que ces agneaux, resteront pour la plupart un peu plus longtemps avec moi, mais pour moi il est primordial de leur donner une chance, leur chance.

J’ai décidé il y a maintenant 14 ans de vivre de cette production et pour moi, chaque vie est précieuse et c’est mon devoir de la protéger.

Bien sûr, je suis productrice d’agneaux et conséquemment il doit y avoir une fin pour mes bêtes, mais bon ainsi va la vie pour tous les producteurs de ce monde, mais à chaque fois j’ai le sentiment du devoir accompli, d’avoir mené à bien ce à quoi je suis destinée. Même si j’ai longtemps pleuré le départ de mes agneaux, maintenant je suis fière de ma production et de mon élevage, fière de la manière dont mes animaux sont traités et soignés, fière d’offrir un produit de qualité, élevé avec amour, passion et soin.

Julie Trottier - La Bergerie du Nord

Les grandes décisions…

Les grandes décisions…

Le bonheur est à la campagne

Le bonheur est à la campagne