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L'agriculture positive!

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L'été est à nos portes! Soyons prudents!

L'été est à nos portes! Soyons prudents!

C'est le mois de mai. Il fait beau et chaud. Une journée parfaite pour étendre son linge sur la corde. Pourtant, ce soir, il y a aura des ménagères qui pousseront des soupirs d'exaspération en décrochant leur brassée. C'est qu'une journée comme aujourd'hui, c'est le moment idéal pour commencer à épandre le fumier aux champs. C'est d'ailleurs ce que Pierre a décidé de commencer aujourd'hui. Il en a parlé vaguement à sa femme au déjeuner. Ou peut-être pas. Pierre n'est pas un jaseux et sa femme, Monique, n'a aucun intérêt pour les tâches de la ferme. C'est sur une bonne journée que le couple se sépare pour leurs occupations quotidiennes.

Évidemment que Pierre est retardé dans son ouvrage. Les petites badlucks le bousculent dans le temps qui file trop vite. Plus, il cherche à rattraper le temps perdu et plus il en perd en gaucheries. C'est donc avec deux heures de retard qu'il pose enfin les fesses dans le tracteur. Il est stressé et frustré. Il veut absolument faire le plus de voyages possible parce qu'il annonce de la pluie pour les 3-4 prochains jours.

Monique a invité la voisine à venir placoter à la maison. Les deux plus vieux sont à l'école et la plus jeune, Sophie, est tellement tranquille que les deux mamans peuvent se raconter les derniers potins, tout en profitant du soleil et en la surveillant. Sophie n'a que trois ans, mais on dirait déjà une grande fille. C'est une petite fille brillante qui comprend et respecte les consignes. Sa maman la regarde jouer et la trouve tellement mignonne avec ses petites lulus, sa petite robe rose et ses sandales de la même couleur.

Sophie s'amuse dans son carré de sable. Elle s'amuse à faire des pâtés de sable additionné d'eau. Puisque les oiseaux boudent le petit bassin en plastique blanc sur pied, Sophie se permet de prendre l'eau qui s'y trouve pour construire ses chefs-d’œuvre. Soudain, Sophie entend son papa. Parce que bien qu'elle n'ait que trois ans, elle est déjà capable de reconnaître les tracteurs au son. Et le son qu'elle entend, c'est celui du tracteur de son papa qui fait écho entre l'étable et le hangar. Elle se retourne et aperçoit son père qui arrive en avant de la ferme.

Comme elle a fait la grasse matinée, elle n'a pas encore vu son papa aujourd'hui. Et elle adore aller en tracteur. C'est avec la joie au cœur qu'elle s'élance vers le géant vert accouplé à un épandeur rouge.

Monique et Nicole sont en pleine discussion sur la difficulté de faire faire les devoirs des enfants avec l'arrivée du beau temps et des journées qui rallongent. Comment convaincre des petits garçons de 6-8 ans qu'il est plus important de faire des devoirs à table quand ils peuvent jouer dehors? Mission impossible pour ces parents d'enfants de la terre.

Parce que le compresseur n'a pas été remis à sa place, dans le garage, Pierre doit reculer avec l'épandeur devant la chambre à lait, pour gonfler un pneu qui perd. Encore du retardement.

Sophie voit son papa reculer vers elle. Il l'a vue! Et il vient la chercher pour l'emmener avec lui. Elle court plus vite pour le rejoindre.

- PAPA!!!! Je m'en viens!!

Monique entend le cri de sa fille et se retourne vers le carré de sable. Il est vide.

Pierre a tellement la tête dans l'ouvrage qu'il effectue ses manœuvres par automatisme.

Sophie est contente parce qu'elle se rapproche de plus en plus de son papa.

Monique court vers l'étable et voit la scène qui se joue devant elle. Elle cri, elle hurle. Il ne reste plus d'air dans ses poumons, plus d'oxygène dans son cerveau. Elle a les jambes qui ramollissent et des points noirs apparaissent devant ses yeux.

Puis le silence se fait. Le tracteur s'est arrêté. Pierre sort de son tracteur et se dirige vers l'étable. Il n'a rien vu. Rien entendu.

Sophie, c'est moi. Ce jour-là, mon père ne m'a pas écrasée. Pas parce qu'il m'avait vue. Pas parce qu'il a entendu ma mère crier. Juste parce qu'il a décidé qu'il arrêtait là. C'est le hasard de la vie. Un bien heureux hasard. Mais il n'en va pas toujours ainsi.

Personne ne veut avoir l'image d'un petit corps gisant sous les roues d'une machinerie. Une petite casquette, des petites bottes d'eau et 3-4 bébelles, ça ne peut pas être tout ce qu'il nous reste. La sécurité à la ferme, c'est l'affaire de tous. Soyons prudents.

On vous attend dans le Nord de l’Ontario!

On vous attend dans le Nord de l’Ontario!

Ode à la bouette!

Ode à la bouette!