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La patate contre-attaque : moins cher, c’est pareil?

La patate contre-attaque : moins cher, c’est pareil?

Lors de l’écriture de mon texte « Une patate, c’est une patate », je ne m’attendais pas vraiment à susciter autant de réactions, plusieurs me disant qu’ils doivent eux aussi justifier leur prix aux clients. Les denrées alimentaires sont tellement rendues accessibles facilement et à longueur d’année que nous avons oublié pourquoi les produits canadiens sont plus chers que certains produits importés.

Tout d’abord, nous avons un hiver! Dans les pays plus au sud, la période de production est plus longue, voire annuelle! Pendant que nous dépensons de l’argent et de l’énergie à survivre à l’hiver, ceux au sud continuent à produire! Donc pour le même actif (terrain et machinerie), ils peuvent doubler, voire tripler les rendements.

Nous avons aussi des conditions salariales et des conditions de travail normées. Dans certains pays, les gens gagnent une somme ridicule par jour dans des conditions de travail que nous n’accepterions pas! Nous avons des règles environnementales qui sont plus strictes que dans la majorité des pays de qui nous importons, autant pour le respect du bien-être des animaux, les normes des cours d’eau, les pesticides homologués, le respect des normes sanitaires pour le nettoyage, l’emballage et la préparation des denrées alimentaires. Alors? Ne trouvez-vous pas que cela a un coût? Trouvez-vous cela normal de payer le même prix? Vous trouvez normal que ces produits vous soient offerts comme s’ils étaient pareils, alors qu’en fait vous refuseriez possiblement d’en manger si vous suiviez ces produits dès le début! Si le distributeur pouvait réellement les vendre au même prix que nos produits, il le ferait, aucun entrepreneur n’aime laisser d’argent sur la table...

Je vais être bonne joueuse, il y a quelques années, j’étais comme vous! Pour deux produits similaires, je regardais le prix et je prenais celui à rabais! Mais depuis quelque temps… c’est plus long faire l’épicerie. J’ai les produits devant moi et je regarde les ingrédients ensuite, la provenance puis, un peu le prix. Maintenant, bien souvent le prix n’a plus d’importance, car il était similaire, plus haut de quelques cents à un dollar. Finalement, la qualité l’emporte et je me sens sécurisée. Je sais que le produit respecte nos normes environnementales et sociales, donc qu’il est sécuritaire pour mes enfants. Mais allons encore plus loin! Pour chaque dollar que je mets pour un produit d’ici, celui-ci retourne à une famille de notre communauté qui dépensera elle aussi ici et qui nous rapportera à tous.

Et maintenant qu’est-ce qu’on fait? On ne peut arrêter le libre-échange et je pense qu’il est impensable de subventionner la production locale pour en faire baisser le prix. Un affichage accessible à faible coût au producteur aiderait le consommateur à retrouver les produits locaux. Exiger des productions importées qu’elles respectent les mêmes normes qu’ici? Il faut à tout le moins continuer à faire des inspections sur les produits entrant au Canada, surtout lorsque nous savons que les normes sont différentes et donc que cela comporte un risque plus important. Je finis donc ainsi : ne regardez plus le prix, regardez la provenance.

Quand on grandit sur une ferme

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La mort, ça fait aussi partie de la vie…

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