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L'agriculture positive!

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On vous attend dans le Nord de l’Ontario!

On vous attend dans le Nord de l’Ontario!

Ça y est! On m’a recruté et pas à peu près! Quand j’ai appris que mon village natal du Nord de l’Ontario serait l’hôte du Concours international de labour et exposition rurale 2019, je me suis dit qu’il n’était pas question que cet événement d’envergure ait lieu et que je regarde la charrette passer. Je suis montée dedans à pieds joints! Je vous transporte vers le petit village de Verner, dans la région du Nipissing Ouest, entre Sudbury et North Bay. Verner c’est 960 habitants bien comptés, l’Église St-Jean-Baptiste, l’école Marguerie d’Youville, l’épicerie et magasin général, le bureau municipal et un centre récréatif. Les rues résidentielles sont traversées par la rivière Veuve et le tout ceinturé de fertiles terres agricoles. Ça fait plus de 40 ans que j’ai quitté Verner pour la grande ville, mais vous comprendrez que je garde un petit coin chaud et tendre pour ce village et ses habitants, plusieurs étant des rentiers des fermes avoisinantes. C’est pourquoi je n’ai pas pu résister lorsque j’ai appris qu’on cherchait des bénévoles pour le Concours de labour. Sans compter qu’il n’était pas question que cet événement ait lieu sans que les communications soient en français et en anglais! Pour moi, c’est une question d’honorer les habitants actuels, mais aussi mes parents et mes ancêtres qui ont quitté le Québec et les États-Unis pour venir s’installer sur les terres fertiles du Nipissing Ouest.

Commençons avec mon père : Le p’tit Daniel avait 6 ans lorsqu’il est monté dans le train avec ses frères, ses sœurs et ses parents. C’était en 1917. A l’époque, le gouvernement de l’Ontario donnait des terres aux familles qui voulaient bien défricher et cultiver la région du Nipissing Ouest. Mes grands-parents étaient propriétaires d’un magasin général à St-Damien et selon mon grand-père Cuthbert Lafrenière “ce n’était pas normal d’élever une famille sur le coin d’une rue», ce qui explique pourquoi il a ramassé sa marmaille, ses animaux et ses affaires pour aller s’installer dans le Nord de l’Ontario. La ferme laitière Lafrenière était prospère, surtout que grand-père Cuthbert disposait de plusieurs fils pour l’aider à cultiver la terre. C’était une terre glaiseuse, mais fertile. Ma grand-mère faisait d’énormes jardins et mon grand-père s’assurait de déléguer à ses fils. On travaillait fort, mais la vie était bonne et les gens mangeaient à leur faim. A la messe du dimanche on croisait les Beaudry, les Roberge, les Rainville, les St-Jean, les Riberdy, les Arbour et j’en passe. Finalement l’idée de quitter pour l’Ontario n’était pas si mal du tout. En fait, c’est comme si on n’avait jamais quitté notre chez soi : la moitié de St-Damien et de St-Gabriel les avaient suivis à Verner!


Passons maintenant à mes ancêtres maternels, Albert St-Jean et Doloris Roberge. Albert c’était ce beau grand gaillard métis né à Red Lake Falls Minnesota, mais dont les ancêtres venaient de St-Polycarpe, au Québec. En plus d’être bon chasseur et pêcheur, pépère St-Jean n’avait pas peur de l’ouvrage. Il était apiculteur, mais aussi fermier éleveur de moutons et de vaches laitières. Sa terre donnait sur le lac Nipissing, un beau lac avec des îles, des beaux coins de pêches et des belles plages. Futé comme pas deux, pepère transportait ses moutons sur l’Ile-aux-Chênes pour la saison estivale. Il n’y avait pas de loup sur l’île. Alors ses moutons pouvaient paitre en paix! Memére St-Jean cardait et filait la laine des moutons pour ensuite tricoter des combinaisons pour Albert! Ça a dû piquer pas à peu près! Mais pépère disait qu’il n’y avait pas mieux pour absorber la sueur. Comme on dit par chez nous : “l’ouvrage, ça ne fait pas mourir! ». MDR! (Morte de rire) Memére St-Jean, Doloris Roberge de son nom de fille, est née à Providence, Rhode Island. Ses parents avaient quitté le Québec pour aller travailler dans les manufactures aux États-Unis. Ils se sont finalement rendu compte qu’ils n’étaient pas faits pour ce genre de vie. L’appel de la terre les a amenés dans le Nord de l’Ontario.


Quand je retourne à Verner, c’est comme si je voyais encore pépère et mémère St-Jean, mes parents, le p’tit Daniel et la belle Annette, les fermiers du coin et les dames de l’Union culturelle franco-ontarienne (anciennement le Certcle des fermières). Je ne connais pas les enfants, mais si je leur demande leur nom je constate que ce sont des petits Éthier, Michel, Côté, Cazabon, Piette et j’en passe. L’agriculture s’est diversifiée. Alors que l’industrie laitière régnait jusque dans les années ’60, maintenant on y trouve des éleveurs de bœufs et de chevreuils, un apiculteur, des cultures de canola, d’avoine, de foin, des cultures de légumes biologiques, de fraises, de fambroises, de camerises et de citrouilles et bien d’autres choses. Graduellement on a vu des immigrants de l’Europe acheter les terres qui étaient délaissées par mes ancêtres. La région du Nipissing Ouest attire également les “granolas » de la grande région de Toronto, des gens de tous les âges qui en ont assez de vivre en ville et qui rêvent d’une vie plus simple et plus naturelle. Ici et là, on voit les baby boomers qui ont quitté pour aller chercher du travail ailleurs, revenir dans leur “chez nous ». Mais à travers tout ça, fidèles à la tradition, Paul Beaudry et Louise Riberdy sont toujours propriétaires d’une ferme centenaire qui appartient à la même famille, au même endroit, depuis cinq générations.

Memére St-Jean (Roberge de son nom de fille) s’est rendue sur l’ile d’Orléans dans les années ’70 pour la grande retrouvaille de la famille Roberge et de ses descendants sur la terre ancestrale. C’est maintenant à mon tour de vous faire l’invitation. Venez nous voir dans le Nord de l’Ontario à l’occasion du Concours international de labour et exposition rurale 2019. Nous sommes les irréductibles Gaulois du Nord de l’Ontario. On est encore là, nous parlons toujours français et l’agriculture se porte bien même si c’est différent comparé à autrefois. On attend ben d’la visite, mais chose certaine ça nous fera plaisir de faire connaissance, surtout que dans le Nipissing Ouest c’est la Joie de Vivre de nos ancêtres qui nous anime! Le Concours de labour aura lieu du 17 au 21 septembre 2019 à Verner, Ontario qui se trouve dans la municipalité du Nipissing Ouest. Voici le lien pour de plus amples renseignements : https://www.plowingmatch.org/ipm2019/fr/

Carole Lafrenière-Noël

Bénévole responsable des relations avec les médias

Concours international de labour et exposition rurale 2019

Membre de la Société historique de Nipissing Ouest




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