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L'agriculture positive!

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Un mardi soir à la campagne…

Un mardi soir à la campagne…

Laisse-moi te raconter mon mardi soir. Un mardi qui semblait « normal », tranquille, sans flafla. Un mardi soir où je suis installée dans mon lit et me suis mise à tricoter (cliché de la femme d’agriculteur qui attend son homme).

Donc, j’enchaine une maille après l’autre lorsque je reçois un texto m’indiquant : « Vêlage difficile ». À ce moment précis, je me questionne : s’agit-il d’une information ou d’une demande d’aide. « As-tu besoin de moi à la ferme ?» que je lui réponds. Sa réponse : « OUI ». Un seul mot qui en dit beaucoup. Généralement, mon chum est l’homme de la situation en matière de vêlage, il a rarement besoin d’aide….encore moins de mon aide… l’heure est grave. J’enfile le-plus-vieux-de-mes-moins-vieux-jeans, mon t-shirt de sauveteur (ce détail est important, gardez-le en tête) et fonce, en courant à la ferme. C’est là que je le trouve [mon conjoint] , les deux mains dedans (l’action). « Il se présente du siège, vient m’aider! » J’hésite entre l’envie de perdre connaissance à la vue de toutes ses matières visqueuses et le désir de sauver ce petit veau. Je choisis la deuxième option. Toujours les deux mains dedans [l’action], mon conjoint me guide de sa voix, m’indiquant où trouver les objets qu’il a besoin : « va chercher la corde jaune à côté de la laiterie, mais pas dans la laiterie, mettons proche de la laiterie et la chaine aussi ». Avec ses explications si précises, je pars en mission. Lorsque je reviens, la future mère est debout. Je comprends donc que mon « travail » commence : mon chum attache la patte du veau avec la corde et ensemble, nous allons faire un contre poids (style de balancier) pour le faire sortir. À ce moment-là, je ne réfléchir aucunement car c’est hors de mes capacités. Je me contente de faire ce qu’il me dit. J’attrape la corde (visqueuse). On force, on espère, on attend, on prie…le veau finit par sortir. Une belle génisse, elle respire….non, elle respirait… je ne peux pas croire qu’elle ne respire plus. Sans réfléchir, je propose de faire la réanimation-cardio-respiratoire ( RCR) (je suis sauveteur…rappelez-vous). Et c’est là qu’un mardi soir d’apparence « normal » je me suis mise à masser une génisse nouveau-née, visqueuse et en pleine allée d’étable. J’ai forcée, j’ai sué, j’ai espéré…et j’ai échoué…Elle n’a jamais retrouvé son souffle…J’ai pleuré… beaucoup pleuré même…Je venais de toucher à la mort : cette triste réalité où 2 personnes ont tout tenté pour sauver leur génisse. Elle ne devait pas mourir : pas après tant d’effort, pas devant mes yeux, pas après un massage cardiaque…J’ai pleurée, tremblée et je suis retournée tristement à la maison.

« Comment fais-tu pour ne pas pleurer » que je lui ai demandé… « Je ne pleure pas car je suis fière de toi Hélen. Réalises-tu que tu as tout fait pour la sauver? Je suis tellement fière de l’équipe que nous formons ensemble ». Et s’est ainsi que je me suis endormie un mardi soir pas banal du tout.

Je ne brûlerai jamais tes ailes mon ange

Je ne brûlerai jamais tes ailes mon ange

Ode aux Mamans Agricultrices

Ode aux Mamans Agricultrices